Les croyants faibles et forts
Paul après avoir aux chapitres 12 et 13 traité des relations en général, va revenir sur les problèmes apparents de l’église de Rome (sujet que nous retrouvons également dans sa lettre aux Corinthiens) et sur les conflits entre les croyants d’origine juive et non-juive, en prenant comme exemple la nourriture et les jours de la semaine, le respect de la loi donnée par Moïse et la liberté offerte par le Christ.
L’idée de Paul est que cela reste secondaire face à l’unité de l’église et à l’acceptation mutuelle malgré les convictions, parfois culturelles de chacun, comme l’explique F.F. BRUCE « Les intérêts de l’Evangile et le bonheur suprême des hommes et des femmes étaient pour lui des éléments primordiaux auxquels il subordonnait tout le reste. » (2009, 211).
Les deux thèmes choisis par Paul étaient d’actualité à son époque, « c’étaient les chrétiens d’origine juive que ce problème tourmentait le plus. » (F.F. BRUCE, 2009, 214), car pour eux consommer ces viandes revenait à rendre un culte à ces idoles.
Ce concept culturel et religieux était si fortement ancré en eux, que malgré l’abandon du judaïsme et la découverte de la foi et de la liberté en Christ, cette pensée religieuse continuait à les tourmenter. Au contraire, les croyants d’origine païenne étant moins impactés par cette pensée, estimaient les croyants d’origine juive comme faibles dans la foi.
Fort de ces exemples culturels et religieux de l’époque de Paul, l’église actuelle, les croyants de cette génération, ayant leurs propres problématiques, de liberté et d’interdit, doivent de la même manière prendre soin les uns des autres.
F.F. BRUCE le résume très bien en disant « Il est bon d’avoir une foi solide ; il est bon d’avoir une conscience affranchie des lois périmées ; mais les chrétiens ne vivent pas en individus isolés ; personne ne vit pour soi ; il est du devoir de chaque membre d’une communauté, et particulièrement de ceux qui sont les plus forts et les plus mûrs spirituellement, de veiller au bien-être de l’ensemble » (2009, 217 et 218).
11/12
Les croyants de toute génération doivent rechercher le respect mutuel, l’encouragement des autres, les plus sensibles spirituellement ne devant pas juger, encore moins condamner, ceux qui ont une liberté plus grande, et de la même manière ceux ayant une conscience plus libre, ne doivent pas chercher à imposer leur liberté aux autres, par soucis d’unité et d’édification commune.
Le croyant ne cherche plus son bien-être personnel, mais doit placer la communauté et le bien de la communauté au-dessus de ses propres désirs, bien entendu en respectant les enseignements de la Parole de Dieu.
Dans le contexte moderne, Paul aurait pu prendre des exemples comme l’utilisation de l’internet, des réseaux sociaux, dont certains affirment que le chrétien ne devrait pas les utiliser, tandis que d’autres opposent à cette idée leur utilisation à des fins de témoignage et de partage de l‘Evangile.
L’apôtre Paul l’exprime parfaitement « Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle. Pour un aliment, ne détruis pas l’oeuvre de Dieu. En vérité toutes choses sont pures ; mais il est mal à l’homme, quand il mange, de devenir une pierre d’achoppement. » (Romains 14.19,20 / NEG) et ce verset, contextualisé et mis en pratique, permet à l’église de toute génération, de glorifier son Seigneur.
Liste de références
1. F.F. BRUCE. 2009. L’épître aux Romains. Global University France. ITB, 33850 Léognan.
2. William F. LASLEY. 2009. Rév. GU-France – 2018. Manuel d’étude. Une étude des épîtres aux Galates et aux Romains. Global University France. Springfield, Missouri, USA.
3. La Sainte Bible. 2014. Nouvelle Edition de Genève 1979. Société Biblique de Genève.
